En prélude à la commémoration de la Journée internationale de l’infirmier, célébrée ce 12 mai, le Réseau des Médias Tchadiens pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMTPSEN) a organisé une table ronde le samedi dernier avec les membres du bureau de l’Association Nationale pour la Promotion de la Profession Infirmière au Tchad (ANPPIT). Objectif : mettre en lumière le rôle essentiel de la profession infirmière dans les communautés et faire entendre la voix de ceux qui veillent quotidiennement sur la santé de tous.
Réunis dans la salle multimédia du ministère de la Santé Publique et de la Prévention, les échanges ont consisté à faire reconnaître la valeur d’un métier souvent invisible, mais toujours indispensable.
« L’infirmier est le premier à accueillir le patient et souvent le dernier à le voir partir. Nous sommes les sentinelles silencieuses du bien-être », a confié d’entrée de jeu un membre du bureau de l’ANPPIT, rappelant la proximité constante entre infirmiers et malades.
Créée le 4 septembre 2018 à N’Djaména, l’ANPPIT se donne pour mission de promouvoir la profession infirmière au Tchad, d’harmoniser les pratiques de soins, de renforcer les compétences des infirmiers et de promouvoir la qualité et la sécurité des soins. Un engagement assumé avec conviction par ses membres. Pour les membres du bureau de l’ANPPIT, « le cœur de notre métier, c’est la personne. Pas seulement sa maladie, mais tout ce qu’elle est : ses peurs, ses douleurs, son espoir. C’est pourquoi nous parlons de relation d’aide, c’est notre pilier ».

La discussion a également permis de souligner les dimensions multiples du rôle infirmier, qui sont : les soins physiques, le soutien émotionnel, l’écoute active, l’accompagnement psychologique. Un rôle global, parfois sous-estimé, mais pourtant central. « Si le médecin soigne la maladie, l’infirmier s’occupe du malade dans toute sa globalité. Nous observons, nous écoutons, nous réagissons aux moindres signes. C’est une présence constante, et souvent une source de réconfort », a renchéri Eïnta Djimrangar, présidente de l’association.
La table ronde s’est conclue sur une note d’espoir. L’association appelle à une prise de conscience collective : du public, des décideurs et des soignants eux-mêmes. Car améliorer la qualité des soins au Tchad passe nécessairement par la valorisation de ces hommes et femmes qui, au quotidien, tiennent la main des patients.
Mais tout n’est pas rose dans le monde infirmier tchadien. Les défis sont nombreux : surcharge de travail, manque de reconnaissance, comportements parfois inadaptés de certains professionnels. Les membres de l’ANPPIT n’ont pas éludé ces réalités. « Il y a des attitudes qui ternissent l’image de notre métier. Nous le reconnaissons. C’est pourquoi l’ANPPIT œuvre à instaurer une culture de responsabilité, d’éthique, et d’humanité dans les pratiques », ont-ils assuré, appelant à plus de formation continue et à une meilleure supervision dans les structures sanitaires.
Minnamou Djobsou Ezéchiel
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