Le lundi 5 mai 2025, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, a présidé l’ouverture des travaux de la 29e session de la Revue annuelle conjointe du secteur de la santé, dans un hôtel de N’Djaména. Cette session, prévue du 5 au 7 mai, est placée sous le thème : “Modernisation du système de santé pour accélérer la mise en œuvre de la couverture santé universelle dans un contexte de ressources limitées.”
Le secrétaire général adjoint du ministère, Dr Mahamat Hamit Ahmat, également président du comité d’organisation, a salué l’abnégation de l’équipe organisatrice sous l’œil vigilant des autorités sanitaires. Il a rappelé que cette rencontre intervient dans un contexte de défis énormes, appelant ainsi à une réflexion approfondie pour formuler des suggestions appropriées.

Au nom des partenaires techniques et financiers, la représentante de l’OMS, Dr Anya Blanche, a exprimé sa profonde gratitude pour la parfaite collaboration avec le gouvernement. Elle a salué les consultations régulières, l’implication des partenaires dans la gestion des dossiers sanitaires et les bonnes conditions de travail, tout en rappelant qu’“investir dans la modernisation des infrastructures de santé, dans l’accès aux soins de qualité ainsi que dans la prévention et l’éducation sanitaire permet aux pays de garantir un capital humain performant, capable de contribuer pleinement à la croissance nationale et d’assurer un avenir prospère et durable pour tous.”

Selon elle, la santé est un investissement, non une dépense, et une population en bonne santé est plus productive, innovante et résiliente.

Prenant la parole pour l’ouverture officielle, le ministre Dr Abdelmadjid Abderahim a souligné que cette session permet d’évaluer les activités réalisées et de mesurer l’avancement du Plan national de développement sanitaire (PNDS), véritable baromètre du système de santé. Il a précisé que la rencontre permet aussi de faire le point sur la mise en œuvre de la Couverture santé universelle (CSU), d’analyser les aspects de renforcement de la modernisation du système, et de tirer les leçons sur l’allocation et l’utilisation des ressources, qu’elles soient de l’État ou des partenaires.
Le ministre a rappelé que l’afflux de réfugiés et déplacés internes a pesé lourdement sur le système de santé. Néanmoins, grâce à la réactivité du gouvernement et à l’appui des partenaires nationaux et internationaux, la situation s’est nettement stabilisée, même si des défis subsistent. Il a mis en lumière la résilience du système de santé tchadien, renforcée par les efforts collectifs et l’investissement des partenaires.

Les travaux de la première journée
Après la cérémonie d’ouverture, les travaux ont débuté par plusieurs présentations importantes :
- La mise en œuvre des recommandations de la 28e session ;
- Le bilan du plan d’action opérationnel 2024 et les perspectives pour 2025 ;
- La performance des délégations sanitaires provinciales ;
- L’évolution du SAMU et des pôles hospitaliers interprovinciaux ;
- La digitalisation du système de santé : état des lieux et perspectives ;
- La gestion des ressources humaines : professionnalisation, formation, utilisation.

Selon le directeur général de la santé publique, l’objectif est de réformer le système de santé pour garantir un accès équitable et pérenne à des soins de qualité. Il a mis en avant la nécessité de matérialiser le PNDS de 4e génération et d’implémenter la CSU, en lien avec le dixième chantier du programme politique du Chef de l’État.
Le coordonnateur du programme de santé numérique, Nassiri Idriss Adam, a quant à lui affirmé que l’intégration du numérique ouvre la voie à un système plus connecté, réactif et productif, capable d’anticiper les crises sanitaires.
Vers une feuille de route réaliste et ambitieuse
Les discussions ont aussi porté sur les insuffisances en ressources humaines, les problèmes de formation des cadres, et l’affectation du personnel.
Le directeur de l’agence de régulation de l’assurance santé, Ali Mardo Djabar, a présenté l’état de mise en œuvre de la Couverture santé universelle et les mécanismes de régulation.
À la fin de cette première journée, la secrétaire d’État à la santé publique et à la prévention, Dr Mbaidedji Dékandji Francine, a salué la qualité des débats. Elle a souligné que les recommandations issues de ces échanges serviront à élaborer une feuille de route pour la modernisation du système de santé.
Pour elle, cette session est un moment stratégique pour que les professionnels de santé fassent le bilan de l’année 2024 et formulent des pistes concrètes pour l’avenir.
Minnamou Djobsou Ezéchiel
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