Adré : plaidoyer pour une meilleure intégration de la prise en charge du VIH et des maladies chroniques en contexte humanitaire

Adré : plaidoyer pour une meilleure intégration de la prise en charge du VIH et des maladies chroniques en contexte humanitaire

Face à la pression grandissante exercée sur les services de santé par l’afflux massif de réfugiés venus du Soudan, une mission conjointe du ministère de la Santé publique et de la Prévention et du Bureau pays de l’ONUSIDA s’est rendue à Adré, chef-lieu du département d’Assoungha. Objectif : renforcer l’intégration du VIH, des hépatites, de la tuberculose et du paludisme dans la réponse humanitaire, et impliquer les leaders communautaires dans la lutte contre ces maladies.

Adré, carrefour humanitaire situé à la frontière tchado-soudanaise, a accueilli une importante mission conjointe du ministère de la Santé publique et de la Prévention et de la représentation de l’ONUSIDA au Tchad. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de renforcement de la prise en charge (PEC) du VIH, de la tuberculose et du paludisme en milieu humanitaire, prévu sur les axes Ouaddaï (Adré) et Wadi Fira (Iriba).

L’un des temps forts de la mission a été la tenue d’une réunion de plaidoyer à l’intention des autorités traditionnelles, religieuses et communautaires d’Adré. Au centre des échanges : la nécessité d’intégrer davantage la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME), la lutte contre les hépatites, les infections sexuellement transmissibles et le paludisme dans les stratégies locales de santé publique.

La réunion de plaidoyer pour l’intégration du VIH, des hépatites, de la PTME, de la tuberculose et du paludisme avec les autorités traditionnelles, religieuses et communautaires de la ville d’Adré

Selon les autorités sanitaires, cette rencontre vise à maximiser l’accès équitable aux services de santé pour les populations affectées par la crise humanitaire, notamment les femmes, les enfants et les adolescents vivant dans les camps de réfugiés.

Depuis avril 2023, le Tchad fait face à un afflux massif de plus de 724 000 réfugiés et 222 000 retournés en provenance du Soudan, dont plus de la moitié sont des femmes et des filles, et 68 % des enfants. Cette situation exerce une pression considérable sur les infrastructures et les ressources locales, particulièrement dans les provinces de l’Est (Ouaddaï, Sila, Wadi-Fira et Ennedi-Est).

Pour l’équipe de la mission, si la réponse sanitaire est coordonnée par le Cluster Santé avec l’appui de partenaires tels que IRC, CICR, Croix-Rouge du Tchad, MSF et Jhpiego, elle demeure confrontée à un défi majeur : la faible prise en compte des maladies chroniques comme le VIH, la tuberculose et les hépatites dans la réponse humanitaire.

« Plusieurs facteurs expliquent cette situation : une intégration insuffisante des offres de services, la disponibilité limitée des antirétroviraux et médicaments antituberculeux, concentrés dans les hôpitaux de district, ainsi qu’un manque de personnel qualifié et une organisation défaillante de la chaîne de soins. À cela s’ajoute une stigmatisation persistante des personnes vivant avec le VIH et une faible remontée des données sanitaires, rendant difficile un suivi efficace », renseignent les termes de références de la mission.

C’est pourquoi, le ministère et ses partenaires des Nations Unies (ONUSIDA, OMS, UNICEF, HCR, UNFPA) inscrivent la mission d’Adré dans une logique d’amélioration de la qualité et de l’intégration des services. Ils entendent promouvoir une approche de santé publique intégrée et inclusive, centrée sur le patient et adaptée au contexte humanitaire.

Cette approche comprend plusieurs volets : le renforcement des capacités du personnel de santé et communautaire, la diffusion des protocoles de prise en charge, la mise en œuvre de prestations différenciées, ainsi que la formation des pairs éducateurs pour un accompagnement psychologique et social renforcé.

En impliquant les leaders religieux et communautaires, cette mission traduit une volonté forte du gouvernement et de ses partenaires de construire un environnement favorable à la lutte contre le VIH et les autres maladies infectieuses, tout en favorisant la résilience des communautés hôtes et réfugiées.

« L’intégration du VIH et des maladies chroniques dans la réponse humanitaire est un impératif de santé publique, surtout dans un contexte où chaque vie compte », a souligné un représentant de l’ONUSIDA au cours de la rencontre.

Minnamou Djobsou Ezéchiel

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