Un vibrant hommage et un plaidoyer pour la reconnaissance de la profession infirmière au Tchad

Un vibrant hommage et un plaidoyer pour la reconnaissance de la profession infirmière au Tchad

À l’occasion de la 4ᵉ édition de la Journée internationale des infirmières et infirmiers célébrée au Tchad, les acteurs du secteur de santé, les partenaires techniques et financiers, les formateurs ainsi que les étudiants se sont réunis pour honorer ces professionnels en première ligne et alerter sur l’urgence de leur reconnaissance.

Placée sous le thème mondial proposé par le Conseil international des infirmiers (CII) : “Nos infirmiers. Notre avenir. Prendre soin des infirmiers renforce les économies”, cette journée a été l’occasion de rappeler le rôle vital que jouent les infirmiers dans le système de santé, mais aussi les nombreux défis auxquels ils sont confrontés chaque jour.

Des mots forts pour une cause noble

“Que serions-nous sans nos infirmières et infirmiers ? Des hôpitaux sans âme, des soins sans chaleur, une santé sans humanité”, a lancé Atchoum Mandjo, vice-président du comité d’organisation, dans son allocution d’ouverture. Il a tenu à rendre hommage à tous les pionniers ayant œuvré pour l’institutionnalisation de cette journée au Tchad, en rappelant la création du cadre de concertation des infirmiers en 2018, fruit d’un engagement constant et d’un combat de longue haleine.

Prenant la parole au nom du ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Ramat Abdoulaye a rappelé que, malgré leur rôle central dans la coordination et la continuité des soins, les infirmiers restent sous-évalués, mal rémunérés et insuffisamment impliqués dans les politiques de santé.

“Les crises financières conduisent souvent à des coupes budgétaires dans les soins infirmiers, au détriment de toute la chaîne de santé”, a-t-il regretté, appelant à un changement de regard sur cette profession essentielle au bon fonctionnement du système sanitaire.

Un quotidien fait de sacrifices et d’invisibilité

La présidente de l’Association Nationale pour la Promotion de la Profession Infirmière au Tchad (ANPPIT), Eïnta Djimrangaï, a livré un témoignage poignant sur les réalités du terrain. Surcharge de travail, agressions, stress chronique, absence de reconnaissance, précarité professionnelle, les difficultés s’accumulent pour ces soignants souvent invisibles.

Elle a notamment évoqué le sort de nombreux infirmiers, formés mais non recrutés, contraints à se débrouiller comme ils peuvent : “Certains deviennent vendeurs de lait caillé, d’autres gardiens de parking, par défaut”. Elle a rappelé qu’“être infirmier, c’est une vocation, un sacerdoce. Ils risquent leur vie pour sauver celle des autres”.

Son message au gouvernement était clair : développer des politiques d’intégration, de motivation et de recrutement. Aux infirmiers eux-mêmes, elle a lancé un appel à l’union autour de l’ANPPIT, pour mieux défendre leurs droits et leur avenir professionnel.

Une colonne vertébrale trop souvent ignorée

Tous les intervenants l’ont souligné avec force : la profession infirmière est la colonne vertébrale du système de santé. En les valorisant, en leur donnant les moyens d’exercer dans la dignité, c’est l’ensemble de la santé publique qui en sort renforcé.

Au-delà des hommages, cette journée aura permis de réaffirmer un plaidoyer puissant, pour que ces femmes et ces hommes, souvent les premiers à répondre à l’appel, ne soient plus les derniers à être reconnus.

Mounounda Naïmang

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1 commentaire pour l’instant

FATIMÉ Publié le4h36 - 16 mai 2025

J’aime ce métier et je le pratique avec amour

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