Préparation aux urgences sanitaires : le COUSP sensibilise les responsables des médias

Préparation aux urgences sanitaires : le COUSP sensibilise les responsables des médias

Ce 16 mai 2025, le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP) a organisé une réunion de sensibilisation et de plaidoyer avec les responsables des médias tchadiens, en vue de la mise en œuvre des activités de préparation et de riposte aux urgences sanitaires.

Cette rencontre, qui a mobilisé plus d’une cinquantaine de responsables de médias, avait pour objectif de sensibiliser ces derniers et de solliciter leur appui en matière de communication et de plaidoyer, afin de faciliter l’anticipation des crises sanitaires soudaines et souvent brutales, face auxquelles le Tchad se doit d’être préparé. Cette journée d’échanges, marquée par une volonté manifeste d’engagement collectif, a mis en lumière le rôle fondamental que peuvent jouer les médias dans ce dispositif.

Quand la santé publique devient une course contre la montre

Prenant la parole à l’ouverture, le Coordonnateur du COUSP, Dr Dissia Fittouin, n’a pas mâché ses mots : “Les urgences sanitaires ne préviennent pas. Elles nous prennent souvent de court. Mais une chose est sûre : notre réponse ne doit jamais être improvisée.” Il a ainsi appelé à une véritable mobilisation des journalistes pour relayer les bons messages, au bon moment.

Le Dr Dissia a ensuite présenté les principes du Règlement Sanitaire International (RSI), cet accord juridiquement contraignant adopté par 198 pays pour renforcer la sécurité sanitaire mondiale. Il a rappelé que le RSI impose aux États parties de développer des capacités de détection, d’alerte et de riposte aux menaces sanitaires, qu’elles soient d’origine biologique, chimique ou environnementale.

Le COUSP, pierre angulaire de la réponse sanitaire nationale

À travers sa présentation sur le COUSP, Ali Abderaman Abdoulaye, Coordonnateur adjoint du COUSP, a fait découvrir aux participants les missions et le fonctionnement de cette structure stratégique. Créé en 2019 et devenu opérationnel en 2021, le COUSP agit comme un centre névralgique de surveillance, de coordination et d’intervention en cas d’urgence sanitaire.

“Le COUSP est un maillon vital de notre système de santé. Il ne s’agit pas d’une simple salle de réunion avec des ordinateurs, mais d’un véritable quartier général de crise”, a-t-il souligné. Doté d’équipes d’intervention rapide réparties dans les provinces, le COUSP est déjà intervenu sur plusieurs fronts : rougeole, fièvre jaune, diphtérie, dengue, inondations… avec pour objectif ultime de limiter l’impact humain et économique des épidémies.

Les médias, partenaires incontournables

Mais au-delà des aspects techniques, cette journée a aussi été celle du dialogue. “Vous, journalistes, êtes les premiers relais d’information pour nos populations. Sans vous, il n’y a ni sensibilisation efficace, ni gestion responsable des rumeurs. Nous avons donc besoin de votre appui, tant pour la sensibilisation des populations que pour le plaidoyer en faveur de la mobilisation de fonds pour le financement des activités du COUSP jusqu’en 2029, estimé à plus de 50 milliards de FCFA”, a plaidé le Coordonnateur du COUSP.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs leviers d’action concrets : un accès facilité à l’information scientifique, l’intégration des journalistes dans les simulations de gestion de crise, l’élaboration d’un plan de communication clair, etc. Une piste prometteuse a également été évoquée : la création d’un réseau national des médias pour la santé publique et les urgences sanitaires.

En clôturant la rencontre, le Coordonnateur du COUSP a de nouveau exhorté les médias à faire de la santé une priorité nationale. Car, dit-il, “si les épidémies ne choisissent pas leur heure, la résilience, elle, se construit à l’avance.” Et les médias et réseau tel que le Réseau des Médias Tchadien pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMTPSEN), avec leur puissance de sensibilisation et leur ancrage dans les communautés, sont désormais appelés à jouer un rôle de véritables sentinelles sanitaires.

Minnamou Djobsou Ezéchiel

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