Le samedi 7 septembre 2024, le Ministre de la Santé Publique, Dr Abdelmadjid Abderahim, a eu une rencontre avec les médias. A cette occasion, il a dressé le bilan du système sanitaire tchadien tout en esquissant quelques perspectives pour son amélioration.
Plusieurs sujets préoccupants ont été abordés, notamment l’épidémie de la variole du singe et les récentes inondations qui affectent le pays.
Le Ministre de la Santé a rappelé les quatre composantes clés du système de santé au Tchad : le niveau central, le niveau intermédiaire, le niveau opérationnel et l’aspect communautaire, ce dernier étant jugé crucial pour la résilience du système.
Malgré sa fragilité, il informe que le système sanitaire tchadien a su faire preuve de résilience, avec l’objectif clair de le moderniser afin de mieux répondre aux défis.
Lutter contre l’épidémie de la variole du singe et les inondations
Face aux crises successives, comme les conflits aux frontières avec le Soudan et le Cameroun, où Boko Haram sévit, le pays doit aujourd’hui affronter une nouvelle menace sanitaire : l’épidémie de variole du singe. Le Ministère a rapidement réagi en mettant en place un comité spécial pour surveiller et contrôler l’évolution de la situation. Bien que 58 cas suspects aient été détectés, aucun n’a été confirmé à ce jour, rassure le ministre de la Santé. De plus, 17 points d’entrée aux frontières sont étroitement surveillés. “Parallèlement, les récentes inondations ont eu des conséquences graves sur les populations, avec plus de 964 048 sinistrés et 151 centres de santé devenus inaccessibles. Les autorités sont en train de mettre en place des actions d’urgence pour répondre à cette crise, notamment à travers des kits de prise en charge et un renforcement des capacités locales”, explique Dr Abdelmadjid Abderahim.

La malnutrition : un défi national
En ce qui concerne la malnutrition, les statistiques montre qu’il y a 43% des mortalités infantiles, 30% des enfants souffrants d’un retard de croissance. Cependant, la mortalité infantile associée à la sous nutrition a réduit de 13% et le coûts annuels associés à la sous nutrition sont estimés à 575 millions de francs CFA soit 9,5% du PIB.
Signalons que la moitié des ménages (45%) n’aurait pas accès à une alimentation nutritive au Tchad. En 2024, 8 millions d’enfants au Tchad risquent d’être exposés à la malnutrition aiguë sévère (MAS) dont 530 000 MAS et 5,5 millions souffrants de malnutrition chronique.
Le ministre a relevé que les enfants victimes de la malnutrition sont 9 fois plus à risque de mourir et à cet effet, le Tchad a pris des engagements en faveur de la réalité de la nutrition avec des partenaires de la santé au Tchad par le lancement de 4 unités de production de farine infantile PROFORT en 2019 et de 12 unités de production de farine infantile AFOR en 2020.
La maladie rénale chronique : un lourd fardeau
Le Ministre a également évoqué la prévalence croissante des maladies rénales chroniques, exacerbée par des facteurs tels que l’hypertension, le diabète et la consommation de médicaments non contrôlés. Le coût élevé des séances de dialyse, comprises entre 150 000 et 200 000 FCFA, représente un fardeau pour la population. Bien que l’État prenne en charge ces traitements, le manque d’infrastructures spécialisées dans les provinces constitue un obstacle majeur.
Perspectives et modernisation
Le Ministre a conclu en rappelant l’importance de l’engagement communautaire pour soutenir les efforts du gouvernement, notamment dans la lutte contre la sous-nutrition, les maladies infectieuses et les catastrophes naturelles. Il a également insisté sur la nécessité d’une meilleure gestion des ressources humaines dans le secteur de la santé afin d’assurer une couverture sanitaire universelle. “Avec des objectifs ambitieux pour 2030, notamment la réduction des taux de mortalité infantile et infanto-juvénile, le Tchad cherche à accélérer ses progrès vers un système de santé modernisé et capable de répondre aux besoins de sa population”, projette-t-il. Et d’inviter chaque à y apporter son concours en contribuant de manière efficiente contre les défis, car, interpelle-t-il, “la santé n’est pas seulement l’apanage du ministère de la santé publique”.

La rédaction
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