La Couverture Santé Universelle (CSU) est lancée pour soigner sans exclure

La Couverture Santé Universelle (CSU) est lancée pour soigner sans exclure

Le 28 février 2025, le Ministre d’État, Secrétaire Général de la Présidence, Dr Mahamat Ahmad Alhabo, représentant le Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a lancé au Centre Hospitalier Universitaire La Renaissance, la Couverture Santé Universelle (CSU) : immatriculation et remise des cartes d’assuré au personnes économiquement démunies au régime d’assistance médicale.

Le Tchad vient de franchir une étape majeure pour assurer la santé pour tous, partout et en tout temps. L’engagement du gouvernement en faveur d’un accès équitable aux soins​, qualifié d’“historique” par les autorités sanitaires​, commence à se concrétiser avec l’ambitieuse l’initiative de faire de la santé un droit effectif pour chaque citoyen tchadien.

La remise symbolique d’une carte d’assuré à une citoyenne tchadienne lors de la cérémonie de lancement de la CSU à N’Djaména​ illustre la volonté des autorités de concrétiser la promesse de “santé pour tous” au Tchad. La cérémonie a rassemblé de nombreux officiels, partenaires techniques et financiers, témoignant du soutien collectif à cette réforme majeure.

 Reposant sur trois régimes distincts, la Couverture Santé Universelle couvre l’ensemble de la population​. Le régime 1 est destiné aux fonctionnaires du secteur public, le régime 2 concerne les travailleurs indépendants ainsi que les personnes exerçant des activités génératrices de revenus, et le régime 3 est conçu pour les citoyens économiquement défavorisés sans ressources stables​. En couvrant à la fois les agents de l’État, les acteurs du secteur informel et les plus démunis, la CSU entend n’oublier aucune frange de la population.

Le lancement du régime 3, dédié aux plus vulnérables, marque d’ailleurs une étape cruciale dans l’opérationnalisation de la CSU. Il concrétise l’engagement du gouvernement tchadien à réduire les inégalités en matière de santé​. Concrètement, ce troisième régime garantit aux populations vulnérables un accès gratuit ou fortement subventionné aux soins essentiels​, une mesure phare pour que la pauvreté ne soit plus un obstacle aux traitements de base.

Accès équitable aux soins : un droit pour tous

Assurer un accès équitable aux soins est au cœur de la vision de la CSU. En relayant le message du Chef de l’État, le ministre D’Etat, Secrétaire général de la présidence, Mahamat Ahmad Alhabo l’a rappelé avec force : « La CSU est une avancée majeure pour notre pays. Elle vise à éliminer les barrières financières qui empêchent nos concitoyens d’accéder aux soins. Aucun Tchadien ne doit être laissé pour compte »​. Autrement dit, plus personne ne doit renoncer à se soigner faute d’argent.

Cette initiative consacre la santé comme un droit fondamental pour chaque Tchadien. D’ailleurs, la CSU est inscrite comme un droit fondamental dans les réformes sanitaires du pays : créée en 2020, la Caisse Nationale d’Assurance Santé (CNAS) a été mise en place pour porter ce droit et coordonner les trois régimes, assurant leur efficacité et leur pérennité​. La volonté politique exprimée « sans distinction » par le Président de la République vise à assurer le bien-être sanitaire de tous les Tchadiens​, quel que soit leur statut ou niveau de revenu.

Rôle de la Caisse National d’Assurance Santé (CNAS) et appui des partenaires

Chargée de la gestion opérationnelle de la CSU, la Caisse Nationale d’Assurance Santé (CNAS) joue un rôle central dans cette réforme. Organisme pilote du programme, la CNAS assure la coordination et le suivi de l’ensemble des régimes, garantissant ainsi leur mise en œuvre efficace et durable​. Son directeur général, Sing-yabe Barnabas, a détaillé le processus de déploiement de la CSU lors du lancement, soulignant que cette réforme va améliorer la prise en charge médicale des citoyens, en particulier des plus vulnérables​.

Ce chantier bénéficie en outre du soutien actif des partenaires techniques et financiers du Tchad. Le représentant par intérim de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Abdoulaye Yam, a salué la volonté politique qui sous-tend cette réforme d’envergure​. Il a souligné l’importance de l’appui des partenaires internationaux pour renforcer le système de santé du Tchad et garantir la pérennité de la CSU​. Cet accompagnement extérieur aux côtés de l’engagement national est un gage de succès pour faire de la CSU une réalité durable.

Sécurité et transparence pour une CSU efficace

La réussite de la CSU passe par une gestion rigoureuse et transparente de l’enrôlement des bénéficiaires. Le directeur général adjoint de la CNAS, Abdelsalam Hamat Djamous, a insisté sur les mesures mises en place pour sécuriser les données et prévenir les fraudes lors des inscriptions​. Une telle vigilance est essentielle pour éviter les abus et garantir que seuls les ayants droit bénéficient du programme. Dans cette optique, une approche inclusive a été adoptée : des comités locaux valident les listes des bénéficiaires dans chaque communauté, afin de s’assurer que personne n’est indûment exclu ou inclus​. Ces précautions visent à ce que l’aide sanitaire parvienne effectivement aux familles qui en ont le plus besoin, tout en renforçant la confiance du public dans ce nouveau système solidaire.

Lutte contre les inégalités sanitaires et amélioration du système de santé

Pour les autorités tchadiennes, la CSU est un outil puissant de réduction des inégalités en matière de santé. En offrant un filet de sécurité sanitaire aux plus pauvres, elle rapproche le pays d’un système de santé plus juste dans lequel chacun, riche ou modeste, peut recevoir des soins de qualité. Le Ministre de la Santé publique, Dr Abdelmadjid Abderahim, a d’ailleurs qualifié le jour du lancement d’« historique » pour le Tchad, estimant que la mise en œuvre de la CSU représente une étape cruciale vers un système de santé plus équitable et plus performant​.

Cette réforme s’inscrit dans le prolongement des efforts engagés depuis plus d’une décennie pour renforcer le secteur de la santé. Depuis 2011, informe le ministre de la Santé, le Tchad a entrepris des réformes visant à garantir une couverture sanitaire équitable et durable, en accord avec les Objectifs de Développement Durable des Nations unies notamment l’ODD 3 qui promeut la santé et le bien-être pour tous​. La CSU, ajoute-t-il, en alignement avec ces objectifs internationaux, contribue à moderniser et à consolider le système de santé tchadien en le rendant plus inclusif.

Un levier de développement social et économique

Au-delà de l’aspect purement sanitaire, la Couverture Santé Universelle est envisagée comme un levier de développement pour le pays. Le Dr Mahamat Ahmad Alhabo, au nom du Président de la République, a souligné que “la CSU est un instrument essentiel pour améliorer les conditions de vie des citoyens et réduire les inégalités socio-économiques​. Cette réforme de grande envergure est en cohérence avec les priorités stratégiques du gouvernement et avec les Objectifs de Développement Durable, ce qui témoigne de son importance pour l’avenir du Tchad”​.

Le message présidentiel porté lors du lancement est clair : le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno considère la CSU comme un moteur du développement social et économique du pays​. “En effet, une population en bonne santé est plus apte à contribuer activement à l’économie nationale”. Conscient de cet enjeu, le Chef de l’État s’est engagé à suivre personnellement la mise en œuvre effective de la CSU, réaffirmant l’engagement au plus haut niveau pour bâtir un système de santé inclusif et résilient​. En investissant dans la santé, le gouvernement entend ainsi renforcer le capital humain et favoriser à terme la prospérité collective.

Des bénéfices concrets pour la population tchadienne

Concrètement, la Couverture Santé Universelle va changer le quotidien des familles tchadiennes. Désormais, chacun devrait pouvoir se soigner sans craindre de sombrer dans la précarité à cause des frais médicaux. Par exemple, un agriculteur ou une vendeuse de marché souffrant d’une maladie pourra recevoir des traitements sans sacrifier le budget familial. Les plus démunis bénéficieront d’une prise en charge gratuite ou à très faible coût pour les soins essentiels​, évitant que la maladie n’aggrave leur vulnérabilité. À terme, en protégeant les citoyens contre les dépenses de santé catastrophiques, la CSU contribuera à réduire la pauvreté et à améliorer la qualité de vie de l’ensemble de la population. Cette avancée représente ainsi non seulement un progrès sanitaire, mais aussi un investissement social porteur d’espoir pour le Tchad.

La phase pilote de la CSU concerne la province du Ouaddaï, du Mayo-Kebbi Est et le Moyen Chari.

Minnamou Djobsou Ezéchiel

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