VIH/Sida : ONUSIDA et le CNLS appellent les médias à jouer un rôle central dans la réponse nationale.

VIH/Sida : ONUSIDA et le CNLS appellent les médias à jouer un rôle central dans la réponse nationale.

Dans un contexte de recul des financements internationaux et de stagnation des progrès en matière de prévention, l’ONUSIDA et le Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS) ont organisé ce jeudi, 31 juillet, un atelier de sensibilisation et de diffusion des données sur le VIH à l’intention des médias et partenaires stratégiques.

Cet atelier, organisé chaque année, vise à présenter les données actualisées pour 2025, à partager les éléments clés du Rapport mondial sur le VIH/Sida et à mobiliser les acteurs des médias pour une réponse plus dynamique au Tchad.

Des chiffres préoccupants

Selon le rapport 2025 intitulé “Sida, crise et pouvoir de transformation”, présenté par le Dr Françoise Ndayishimiye, Directrice pays de l’ONUSIDA, 40,8 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. Au Tchad, la prévalence nationale reste stable à 0,9 %, mais certaines provinces affichent des taux plus alarmants. En 2024, le pays a enregistré environ 3 500 décès liés au VIH, et la prévention reste marquée par de profondes lacunes, avec 1,3 million de nouvelles infections dans le monde, un chiffre quasi inchangé par rapport à 2023.

“Pourtant, des efforts passés avaient permis une réduction de 40 % des nouvelles infections et de 56 % des décès liés au VIH depuis 2010. Ces acquis sont aujourd’hui menacés par une crise de financement historique, marquée par des coupes budgétaires drastiques de plusieurs bailleurs internationaux”, a renchéri le Dr Françoise.

Face à ce constat, le Dr Abbas Moustapha, Secrétaire Exécutif du CNLS, a lancé un appel aux médias : “Nous avons besoin d’une communication continue et ciblée. Les médias doivent être les porte-voix d’une riposte inclusive, informée et soutenue par la population.”

D’après les facilitateurs, 25 pays à revenu faible ou intermédiaire ont déjà augmenté leur budget VIH pour 2026, générant 180 millions de dollars de ressources nationales supplémentaires, soit une hausse de 8 %, bien que cette contribution reste insuffisante face à l’ampleur des besoins. “Il serait très bénéfique si le Tchad emboitait le pas à ces 25 pays”, souhaitent-ils.

L’atelier a permis aux hommes des médias de s’informer sur les possibilités d’action concrète, notamment :

  • L’intégration de la réponse au VIH dans les systèmes de santé ;
  • Le renforcement des partenariats avec les communautés ;
  • La diversification des sources de financement ;
  • La lutte contre la stigmatisation et les inégalités d’accès aux soins.

Objectif 2030: encore atteignable

Le rapport intitulé “Sida, crise et pouvoir de transformation” affirme qu’il est encore possible de mettre fin au sida comme menace pour la santé publique d’ici 2030, à condition d’agir ensemble et sans délai. La Stratégie mondiale contre le sida 2026-2031 servira de feuille de route dans ce sens, avec un appel à l’innovation, à l’inclusivité et à la responsabilité partagée.

« Nous avons tous un rôle à jouer. Médias, gouvernements, communautés, partenaires techniques et financiers : la réussite dépend d’une action coordonnée et immédiate », a insisté Dr Ndayishimiye.

Minnamou Djobsou Ezéchiel

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